Origine et signification du patronyme...

 Quand un patronyme existe depuis probablement un millénaire, nul ne peut prétendre en connaître avec certitude l’origine ou la signification.

Le site américain http://www.names.com/ compte dans sa banque de données plus d’un million de patronymes de plus de 100 pays. On y trouve une entrée pour le nom Leclerc qui se traduit :  
"Le patronyme Leclerc est classé comme un nom qui reflète l’occupation du premier porteur du nom. Une des premières références au nom Leclerc date de l’année 1191"

Et une autre entrée pour le nom Leclercq qui se traduit :
"Le patronyme Leclercq dérive du prénom de la mère du premier porteur du nom."

Un certificat obtenu de "The Historical Research Center, Inc.", propriétaire du site  www.names.com, explique [traduction]
"Dans ce cas ce nom vient du prénom Claire ou Clere. Les matronymes n’étaient pas aussi fréquents que les patronymes. Ils étaient employés surtout quand il y avait plusieurs personnes dans la même ville ayant un père du même prénom. Le prénom de la mère était alors donné pour éviter la confusion. La signification de Leclerc serait donc « le fils de Claire ». Les matronymes étaient aussi parfois utilisés quand le père avait une occupation qui le forçait à s’absenter pour de longues périodes de temps."

Le site héraldique anglais http://heraldry.ansteorra.org/ILoI/iloi200102.pdf rapporte que  Reaney et Wilson [Reaney and Wilson, A Dictionary of British Surnames, Routledge, London, 1991] indique que le prénom féminin français Claire vient de Sainte Claire d’Assises, et mentionne que l’expression latine Robertus filius Clarae apparaît dès 1240.

En français cela deviendrait Robert Claire. En effet,  René Jetté dans son Traité de généalogie, Les presses de l’Université de Montréal, 1991, page 76 dit :
"La manière la plus ancienne de contourner l’homonymie parait avoir été l’adjonction du nom du père à celui de l’enfant. Ainsi, Isabella Petri fillia est devenu Isabella Petri et en français Isabelle Pierre."

 Voici un extrait du livre de Pierre-Gabriel Gonzalez, Grand dictionnaire des noms de familles, Éditions Ambre, Genève, 2001:
 
Clerc, Leclerc, Leclercq, Leclère

Un surnom (souvent ironique) évo­quant le clerc, le membre du clergé qui avait reçu la tonsure, fut certainemen à l'origine de la plupart de ces noms de famille.

Ce surnom a pu désigner un lettré, un homme savant, ou faire allusion aux conditions de vie souvent misérables des clercs, véritables «forçats de la copie». (…)

Autre possibilité d'origine: une confusion et une assimilation avec le nom de baptême Claire, porté par quatre saintes très populaires au Moyen Age.

(…)

DIFFÉRENTES FORMES EN FRANCE

Clerc, Clercq ; Leclerc, Leclercq (Nord et Nord-Ouest) ; Duclerc, Duclerct ; Auclert, Auclerc (Centre, Berry, Lyonnais); Clergeau, Clerget, Clergeot, Clergeon ; Cloraec (Bretagne) ; Clergue (Midi) ; Chierici, Clerici, Clericetti (Corse et Italie).

Formes composées: Beauclerc, Joliclerc, Bonclere («bon clerc»); Mauclerc, Maucler (« mauvais clerc»)...

EN EUROPE

Clerk, Clerke
(Angleterre); Leclerc, Clerx, Declerck, Klerk (Belgique et Pays-Bas)...

 

Et maintenant une référence traduite de Hanks, Patrick and Flavia Hodges, A Dictionary of Surnames, Oxford University Press, 1988

Clark

Anglais: nom tiré de l’occupation d’un scribe ou secrétaire, ou d’un membre d’un ordre religieux mineur. À l’origine le mot clerc désignait un membre d’un ordre religieux, du vieil anglais cler(e)c prêtre renforcé par le vieux français clerc (les deux du latin clericus venu du grec klericos un dérivé de kleros succession, héritage, en référence à la tribu sacerdotale des Lévites). (…) Les membres du clergé ayant reçu seulement les ordres mineurs avaient la permission de se marier et de fonder des familles, de sorte que le patronyme a pu s’établir. Pendant le Moyen Age, pratiquement seuls les membres des ordres religieux savaient lire et écrire, de sorte que le mot clerc vient aussi à designer un homme instruit ou cultivé. Dans plusieurs cas, le patronyme peut avoir désigné un secrétaire professionnel.

Variantes : Clarke, Clerk(e).

De même origine : Fr.: Clerc(q), Leclerc(q), Lecter(t), Leclair; CloareC Cloerec (Brittany). Prov.: Clergue. It.: Ch(i)erici, Clerici Chierego (Venetia). Flem., Du.: Clerc, De Cler(c)k, De. Cler(c)q, (De) Klerk.

Diminutifs.: Fr.: Clergeau, Clergeot, Clerjot, Clergeon, Clerget It.: Chiericetti, Clericetti.

Formes composées : Eng.: Clar(k)son; Clarkstone (Notts.). Fr.: Auclerc, Duclerc, Duclert. Du.: Clerkx, Cler(c)x. Flem.: Cler(c)(k)n.

Le site http://www.plumdigital.com/0_genealogy/FamNames.html#clark explique au nom Clark que durant le Moyen-Age, la prononciation anglaise de –er  était –ar de sorte que la personne qui vendait se nommait le marchand, et la personne qui tenait les livres se nommait le Clark

Voici quelques exemples du métier ou occupation de clerc trouvées dans la Base de données notariales Le Parchemin d’Archiv-Histo:
11 05 1656 [Ameau dit Saint-Sévérin, S.]

Vente d'une terre située au Cap de la Magdelaine; par Pierre Boucher de Grosbois, écuyer, gouverneur des Trois-Rivières et lieutenant général civil et criminel en la juridiction des Trois-Rivières, procureur de Martin Boutet, clerc en l'église de Québec, à Pierre Lefebvre, des Trois Rivieres.

08 09 1714   [Lacetière, F. de]     
Contrat de mariage entre Léonard Simon, fils de Jean Simon, clerc au bureau des marchands de vin et de Nicole Gobelet, de la ville de Paris, rue Grenier sur Ceau, paroisse St Gervais et St Protest; et Charlotte Motion, fille de Robert Mossion, bourgeois et de feue Anne Tavernier, de la ville de Québec.

22 12 1719 [Barbel, J.]                
Constitution de rente viagère par François Reische, maître menuisier, de la ville de Quebek, en faveur de Joseph Reische (24 ans), clerc tonsuré du diocèse de la ville de Québec, son fils.

12 02 1698 [Cusson, J.]                
Engagement en qualité de clerc notaire de Guillaume Barette, stipulant pour lui Guillaume Barette, son père, à Antoine Adhemar, notaire royal à Villemarie, stipulant pour lui le notaire soussigné.

17 02 1731   [Petit dit Gobin, P.]      
Observation: L'intitulé mentionne la date du 7 février 1731.

Titre clérical; par Maurice Cardin, marchand et Madeleine Duguay, son épouse, de la ville des Trois-Rivières, en faveur de Joseph Cardin, clerc et acolyte, demeurant au Séminaire de Quebec, leur fils. 

06 10 1755 [Barolet, C.]                    
Procès-verbal de prise de possession de doyenné du chapitre de Quebec pour Joseph-Marie de Lacorne, prêtre chanoine de l'église cathédrale de Notre-Dame et de St-Louis de la ville de Québec en la Nouvelle-France et conseiller clerc au Conseil supérieur, demeurant rue Platriere, paroisse de St Eustache de Paris, par Joseph-François Perrault, chanoine.